Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 21:15

On a arrive toujours à un moment où il faut "choisir" son orientation.  C'est là que j'ai pris conscience qu'en choisissant, on sacrifiait des possibilités. Et en regardant de plus près, je me suis aperçue que j'en avais de toute façon déjà supprimé pas mal, et ce à tous les âges de ma vie (et c'est pas près de s'arrêter en plus).

Comme ce n'est ni drôle, ni juste, j'ai envie de faire une liste des possibles. 

 

Dans ma vie, j'aimerai, j'aime, j'aurais aimé :

 

- Apprendre le piano très tôt, acquérir un assez bon niveau pour composer des morceaux, jouer, jouer, jouer.. Avoir l'oreille absolue, me mettre à d'autres instruments. Violon, guitare, harpe.

- Sauter en parachute, par loisir, par obligation. M'engager dans l'armée comme parachutiste, obéir à l'ordre de sauter, me libérant par la chute.

- Après de nombreuses années de médecine, obtenir du concours national la possibilité d'être psychiatre/neurologue. Exercer dans un hopital puis en libéral, entreprendre en parallèle des recherches sur le comportement/cerveau humain. Publier dans des articles scientifiques. Obtenir des subventions suffisantes pour me consacrer entièrement à la recherche et commencer à répondre à certaines grandes questions.

- Avoir le chant comme passion, faire vibrer mes cordes de la plus belle des façons, celle qui m'appartient. 

- Etre photographe, et en vivre. Commencer dans des petits journaux, puis arriver dans le monde de la mode, et enfin (désabusée par le milieu), me lancer dans la photographie animale, parcourir les continents, publier dans National Geographic. Pour finalement endosser une caméra.

- Etre prof de danse aux Antilles. Avoir la danse dans le sang et être capable de faire remuer chaque parcelle de mon corps.

- Ecrire un livre, le faire lire à au moins 3 personnes.

- Faire le tour du monde.

- Elever des chèvres en montagne, avec quelques brebis. Faire du fromage de chèvre puis se lever à 3h du matin pour aller le proposer sur les marchés.

- Vivre à Paris.

- Préparer un doctorat en neurosciences/sciences cognitives.

- Vivre de son art après avoir effectué une prestigieuse école d'art, rencontrer des tas d'artistes, monter des projets, et faire du bénévolat. 

- Arrêter d'être préoccupée par des choses complexes qui me dépassent et vendre des chaussures dans un magasin de luxe.

- Posséder un cabinet de psychologue et être connue de ses clients par le bouche à oreille.

- Donner sa vie pour une cause animale, tout sacrifier pour une espèce en danger. Monter en grade chez Greenpeace et combattre directement braconniers.

- Relooker des gens, avec un "avant/après" digne de ce nom, révéler ce qui ne demande qu'à sortir au grand jour et les aider à prendre confiance en eux.

- Faire des études de philosophie, pour le plaisir.

- Vivre à la mer ET à la montagne.

- Faire de la plongée sous marine un mode de vie, apnée ou bouteille, revivre Le Grand bleu avec des poissons.

- Travailler en Italie

- Faire parti d'un clan d'éleveurs de chevaux en Mongolie et passer la plupart de mon temps à cheval dans un paysage magnifique et dans des conditions extrêmes.

- Finir mes années de prépa et intégrer l'école de mon choix.

- Faire une thèse sur le cerveau des gauchers.

- Dresser des animaux pour des films, et avoir une ménagerie chez soi. Etudier le comportement animalier, publier des recherches dessus.

- Etre une femme d'affaire douée, active dans une société et passionnée par sa carrière. 

- Etre danseuse orientale et me battre pour les droits de la femme dans un pays où l'égalité des sexes est encore un concept lointain.

- Avoir une excellente culture générale, musicale et cinématographique. 

- Tomber amoureuse d'un type qui sera capable de me suivre dans au moins un de mes délires.

- Faire un long voyage en solitaire en quête de spiritualité. Relativiser, méditer, prendre du recul sur le monde et les gens qui l'habitent. Etudier le boudisme. Vivre en ermite quelques années, loin de l'agitation du monde. Faire un voeu de silence.

- Parler plusieurs langues, et ainsi pouvoir servir d'interprète lors de voyages.

- Etre un nuage.

 

 

 

 

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Heureusement qu'il y a plusieurs chemins possibles hein. :)

Par Mlle Noémie
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Samedi 2 octobre 2010 6 02 /10 /Oct /2010 21:56

Une tristesse viscérale qui ne supporte l'inexistence de sa cause.

 

 

 

"Qu'as-tu dit ?

Les gens sont fou ?"

 

 

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Note à plus tard : Si je parviens à y mettre les mots un jour, j'écris un livre. Tant pis pour la pensée elliptique. 

Par Mlle Noémie
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Dimanche 26 septembre 2010 7 26 /09 /Sep /2010 16:20

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Elle sourit.


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Nul besoin des apparences dans le cocon de nos pensée. Il existe un monde qui nous appartient, des limbes inexplorées qu'il me tarde de découvrir.

S'il existait un endroit où je pourrais être seule, c'est bien celui-ci, me perdre chez moi, sans faire semblant.

Lancer des questions qui résonneront encore, prouvant par leur écho l'existence de cette limite qui me rassure.

 

 

 

 

 

Mais qu'est-ce qu'il t'a pris d'être toi ?

 

 

 

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Par Mlle Noémie
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Dimanche 22 août 2010 7 22 /08 /Août /2010 17:23

Ce corps qui nous ment,

Ce corps qui nous raconte,

 

Et la douce amertume qui nous sépare et nous rapproche au gré des idées qui naissent chaque jour. L’odeur qui nous obsède tant, oubliée, ce goût que l’on peine à retrouver dans nos souvenirs. Et mon image, qui s’abime, se froisse, me glisse le long des doigts.

 

Ce corps qui nous manque,

Ce corps qui n’a pas honte,

 

Une impression qui m’accable, des pressentiments qui m’essoufflent  alors même que je bascule dans un rêve qui me tient éveillée. Les sentiments m’en tombent et se ressemblent. C’est pourtant sans ressentir la chute que j’atterris sur les éclats de verre qui me bouleversent tous autant qu’ils sont. Chacun découpant sans remords tandis que le poids des ans me maintient au sol. 

 

DSC03837.JPG Des mots qui dévalent, et ce temps, qui file malgré moi.

Par Mlle Noémie
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Mercredi 11 août 2010 3 11 /08 /Août /2010 00:19

       

 

      Sara, je l’ai connu au lycée, elle était dans ma classe. On a mis longtemps avant d’échanger un mot, c’était au mois de décembre si je me souviens bien, je m’étais mis à coté d’elle par hasard en cours de mathématiques car il ne restait plus de place ailleurs et puis Loïc était malade. Elle m’a demandé si elle pouvait jeter un coup d’œil à mes notes, puis un peu plus tard si je disposais d’un effaceur. Elle ne semblait pas différente des autres filles, je la voyais parler, rire, rêver. Je ne la connaissais pas, nous ne lions pas vraiment de liens au sein même de la classe en fait. Nous aurions peut-être gagné à nous côtoyer tous en dehors du lycée.

En cours, j’aime bien regarder les gens quand ils réfléchissent, surtout quand ils ne savent pas qu’on les regarde. Il arrive qu’ils laissent échapper un peu d’eux même, il arrive qu’on perce leur carapace. Qu’ils tortillent leurs cheveux, qu’ils mordillent leurs stylos, moi je regarde leurs yeux.

     Le jour où l’on a fait connaissance avec Sara, c’était à la cantine. On s’est retrouvé tous les deux par un concours de circonstances, et nous avons mangé ensemble. Nous étions visiblement gênés, mais la glace fut brisée quand nous commençâmes à parler de musique, nous avions des goûts en commun, c’était plaisant d’échanger à ce sujet, aussi banal soit-il, nous avions au moins évité d’évoquer la météo. Elle tripotait son verre et moi je mangeais vite. J’ai fini avant elle, mais quand elle s’en est rendue compte, elle a dit qu’elle avait également fini. Dès que nos regards se croisaient, elle souriait, je ne savais pas vraiment pourquoi mais c’était agréable. J’osais m’imaginer que je lui plaisais, mais je n’en ai jamais eu la certitude. J’avais du mal à la cerner. Elle était calme, même en tripotant son verre, même en parlant vite, elle n’était pas hystérique. Après être sortis de table, elle retrouva une amie à elle et s’en alla avec. Elles étaient tout le temps ensemble ces deux là. J’ai remarqué ça chez les filles, souvent elles trainent par paire, et même en groupe, elles ne sont jamais seules.

     Ma Sara, elle était comme les autres, elle parlait, riait, rêvait. 

Physiquement, elle n’avait rien d’exceptionnel, pourtant, elle avait du succès, je ne sais pas si elle s’en rendait compte. Ce n’était pas une vraie beauté, mais elle était soignée. J’ai toujours trouvé ça paradoxal d’ailleurs, comment une fille aussi simple d’apparence peut-elle paraître « soignée » ?

    Après, c’était les vacances, je suis parti avec Loic et Laurianne, sa copine, aussi dans ma classe. Quand je disais que nous ne créions pas véritablement de liens dans cette classe, je parlais de façon générale, disons que Loic et Laurianne, c’était l’exception. Et puis avec Loic, on se connaissait surtout par nos parents, une histoire de famille quoi. Mais pendant ces vacances,  j’ai fait une découverte capitale sur Sara.  Nous ne savions rien d’elle, pas une seule information sur sa vie, mis à part ses goûts en musique, et cela me paraissait étrange. Car le lycée, c’est comme une grosse boîte à potins, même sans le vouloir, on sait des choses, on n’y fait pas toujours attention, mais on sait toujours plus ou moins qui est qui. Evidemment, il y a des gens plus ou moins discrets, ceux qui sont toujours tout seuls à la cantine par exemple car ils n’ont pas d’amis au lycée, les fameux solitaires que personne ne comprend. Ce qui est étrange avec Sara, c’est justement qu’elle semble entourée, elle est amie avec pas mal de filles, et ça ne manque pas d’expertes en ragots. C’est ce qui m’a le plus intrigué chez elle, le point qui ne collait pas. On ne lui a jamais connu de copain au lycée, ça aussi c’était bizarre,  mais je ne m’en formalisais pas, après tout, moi aussi j’étais seul, et depuis pas mal de temps.

     A la rentrée, j’étais décidé à en savoir plus. Je me suis donc mis à fréquenter ses amis, et on a fini par se voir régulièrement. Je la voyais souvent avec son portable, parfois souriante, parfois l’air préoccupé, pourtant personne parmi sa bande n’avait son numéro. Avec qui communiquait-elle donc sans cesse ? C’est tellement basique ce qui m’arrivait, quelque chose nous échappe un peu, et nous obsède alors par conséquent. Parfois, je l’interrogeais sur ses goûts, mais il n’en ressortait rien de particulier, elle aimait des choses ordinaires, elle aimait presque tout en fait, et n’avait pas souvent un avis marqué, facile à vivre. Je me demandais pourquoi personne ne remarquait que quelque chose clochait.

     Effacée, transparente, mais impossible de voir à travers, il fallait que je sache.

On est devenu amis, on parlait longuement, elle ne cessait de m’étonner, elle me montrait ses défauts, ses qualités, me révélait des morceaux d’elles, en échange de mes confidences. Il manquait un élément, la dernière pièce du puzzle, le mur qui nous séparait, infranchissable, qui m’empêchait de voir ce qu’il y avait derrière.

Quand j’en demandais trop, elle s’éloignait l’air de rien, puis revenait, naturellement. J’aimais notre relation, j’aimais penser que j’étais le seul à savoir que ma Sara elle était différente. Je n’ai jamais été chez elle, et je ne connais personne qui y soit déjà allé, pourtant elle me parlait parfois de sa famille, tout était si banal. Je suis tombé amoureux, elle occupait mes pensées, elle prenait une place de plus en plus grande, alors pourquoi cette impression de ne pas la connaître ?

     Je l’emmenais parfois au cinéma, puis nous allions nous balader, les autres pensaient que nous étions en couple, mais ce n’était pas le cas. Nous nous tenions la main, simplement, nous écoutions le silence, nous parlions, encore et encore. J’aimais la regarder, surtout quand elle ne le savait pas. Je n’ai pas remarqué immédiatement qu’elle était ailleurs. Et je n’ai pas eu l’occasion de savoir où elle était, car un beau jour, elle ne vint plus au lycée. En cherchant à la contacter je me suis rendu compte que je ne connaissais même pas son nom de famille. Elle a disparu, comme ça, sans faire de remous.

A quoi tu pensais Sara ?

 

 

 

 

 

   Je m’appelle Sara, et j’aime la vie.

J’ai eu 17 ans il y a déjà 6 mois de cela, et les adultes rigolent quand je leur dis que je me sens vieille, moi je ne trouve pas ça drôle. Quant aux gens de mon âge, ils n’ont qu’une hâte, franchir 18 ans et le symbole qui va avec. Je les observe quand ils en parlent, ils ont des étoiles dans les yeux, on y lit la liberté qu’ils s’imaginent, l’utopie d’une vie indépendante. Cela m’attendrit mais je ne partage pas cet avis,  j’ai peur de grandir, j’ai peur de vieillir.

   J’ai toujours eu de la chance dans la vie, à commencer par ma famille, deux parents aimants, un petit frère adorable, je ne pouvais pas rêver mieux. Evidemment ce n’était pas l’osmose tous les jours, on ne peut ignorer les réalités quotidiennes d’une famille et ses travers. Disons que  je n’ai jamais eu véritablement à m’en plaindre, j’ai reçu une éducation comportant des valeurs qui aujourd’hui me tiennent à cœur, et j’en prends conscience. Nous avons une jolie maison, bien que modeste, non loin du centre ville de Montpellier. J’ai toujours eu ma chambre à moi, que j’ai pris plaisir à décorer et redécorer selon mes humeurs.

Je me plais assez dans mon lycée, j’y connais pas mal de monde, et les professeurs m’apprécient généralement, il faut dire que j’ai toujours eu des notes satisfaisantes, et je n’ai jamais cherché à mettre le chaos dans une classe. J’aime bien apprendre, et je suis assez consciente que le métier de professeur est difficile pour ne pas en rajouter. Je n’aime pas trop me faire remarquer de toute manière, mon truc à moi, c’est observer. C’est mon petit passe temps personnel, regarder les autres, essayer de savoir ce qu’ils pensent. Du coup, ce n’est pas trop difficile de m’entendre avec eux par la suite. Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis populaire, mais je n’ai jamais rencontré de difficulté à me faire des amis. D’ailleurs, je passe beaucoup de temps avec Marie en ce moment, on a pas mal de points communs et je l’apprécie pour ses qualités. Elle me confie des choses, j’aime beaucoup l’écouter, je lui dis seulement ce qu’elle désire entendre à propos de moi, c’est léger.

    Pourtant voilà, je suis triste. Depuis longtemps, même quand je suis heureuse, même quand tout va bien, je suis triste, dans mon cœur, dans mon cerveau. Et c’est difficile, surtout quand on n’a aucune raison de l’être, c’est plutôt intolérable aux yeux des autres. De quoi je pourrais me plaindre, j’ai tout pour être contente, je n’ai aucun problème, et j’en connais qui m’envient. Oh, s’ils savaient. C’est le propre de l’homme de penser que c’est mieux chez le voisin, je suis lucide et pourtant, moi même j’envie ceux qui ont des raisons. Des prétextes, pour être triste, pour être mal, je les jalouse secrètement, et comme ce n’est pas politiquement correct et bien je n’en dis rien. J’ai appris il y a longtemps que se taire, malgré tout ce qu’on en dis, c’est plus simple. Ca évite les yeux ronds, les questions inutiles, et  les explications. De toute façon, les gens ne sont pas prêts à s’ouvrir à une autre forme de vision que la leur. Je n’aime pas être compliquée, alors je m’efforce d’être facile, à vivre et à comprendre.

    Seulement voilà, aujourd’hui j’ai décidé que j’étais fatiguée, alors j’ai écrit une lettre, pour l’expliquer aux gens qui me côtoient. Je l’ai mise en évidence, afin que les parents la trouve. J’ai aussi pensé à Hugo, je lui ai laissé un mot, j’espère qu’il le trouvera, car de tous les gens qui m’entouraient, c’était celui qui je pense aurait compris, mais je n’ai pas le temps de lui expliquer. Ma vie, c’est comme un sablier, vient le temps ou j’ai usé tous les grains de sable, vient le temps ou ce n’est plus tout à fait supportable.

    Je ne sais pas comment font les gens pour continuer, c’est une grande question que j’aurais aimé résoudre. Peut-être qu’il y a un secret universel mais que je ne le détiens pas, peut-être que je suis née sans cette fonction. Ce n’est pas naturel chez moi quoi qu’il en soit, car tout m’est douloureux.  Je ne sais pas si c’est normal, les autres n’ont pas l’air d’avoir aussi mal. J’ai les yeux ouverts, et ce que je vois de la vie me brûle la rétine. Il y a les injustices, les drames, les barbaries, mais aussi l’amour, la Beauté, les émotions. Toutes ces choses qui me transpercent et me vident, c’est trop, beaucoup trop pour moi. Je ne regrette rien, c’est merveilleux l’intensité, éblouissant, à en pleurer, et ces contrastes, ces possibilités, ces pensées, ces rêves, c’est si beau. J’aime la vie, j’ai foncé dedans, j’ai tout voulu, j’ai tout ressenti. Mais même le bonheur m’est insupportable.

C’était la seule façon d’enfin fermer les yeux.

 

 

 

 

« Mais pourquoi est-ce qu’elle est partie Sara ? » me demanda mon fils de 8 ans, les yeux  rouges.

Je n’ai pas pu répondre à sa question, car je n’en n’étais pas capable. C’est vrai ça, mais pourquoi ? Plus j’y pensais, plus j’avais la gorge sèche, et plus la boule qui me déchirait l’abdomen depuis 3 jours se manifestait. Je repassais sa vie en boucle dans ma tête, avec ma femme, on n’en dormait plus la nuit, on ne comprenait pas.

    Elle n’a rien laissé, elle est partie comme ça, sans faire de vagues, sans dire au revoir. Je n’ai plus de larmes, mes yeux me brûlent, je croyais connaître ma Sara, je ne comprends pas. Nous avons fouillé sa chambre, nous avons rien trouvé. Je n’en fini plus de me poser des questions, qu’est-ce que l’on aurait du voir ? Je cherchais des signes, des indices, mais tout semblait aller. Elle paraissait épanouie, à quel point me trompais-je ? Le saurais-je seulement un jour ? 

     Si seulement elle nous avait dit ce qui n’allait pas, on aurait tout tenté pour l’aider. Elle était assez discrète sur la vie qu’elle menait, j’en prends seulement conscience maintenant. Elle nous parlait beaucoup du lycée, de ses professeurs, de ses amis, et pourtant, j’ai l’impression de ne rien savoir, je ne sais pas ce qui était important pour elle, je ne connais pas ses goûts… Peut-être n’ouvrions nous pas assez les yeux. Il y a tant de peut-être, tant de doutes, tant d’incompréhensions, toutes ces questions qui ne trouvent pas réponse.  C’est comme si elle n’avait pas existé ailleurs que dans nos souvenirs, il ne reste rien de son passage, elle a tout emporté avec elle. 

 

 A quoi tu pensais Sara ?

 

 

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Par Mlle Noémie
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  • : Le blog de Mlle Noémie
  • : 13/02/2010
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